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Du 29 octobre au 1er novembre 2026, la Biennale du patrimoine horloger réunit La Chaux-de-Fonds, Le Locle et Saint-Imier autour des ateliers, des manufactures et des musées. Cette douzième édition invite à regarder au-delà de la montre : vers les gestes qui la fabriquent, les bâtiments qui les abritent et les vies qui ont donné leur caractère à ces territoires. Une actualité culturelle où la mécanique rencontre les beaux-arts, l’histoire sociale et la mémoire des villes. (lelocle.ch, urbanisme-horloger.ch)
Une montre se porte au poignet. L’histoire qui l’a rendue possible occupe parfois une ville entière. Dans les Montagnes neuchâteloises et le vallon de Saint-Imier, l’horlogerie appartient à la culture autant qu’à l’industrie. Elle se lit dans les collections des musées, dans l’organisation des lieux de travail et dans les savoir-faire transmis. La Biennale du patrimoine horloger choisit précisément de rapprocher ces différentes dimensions.
L’événement, annoncé du 29 octobre au 1er novembre, repose sur l’ouverture de manufactures, d’ateliers, d’entreprises de sous-traitance et de lieux patrimoniaux. Son intérêt culturel tient à cette circulation : passer du mécanisme à celles et ceux qui le réalisent, puis du poste de travail à la ville qui s’est développée autour de lui. Le programme permet d’aborder un patrimoine toujours lié à une activité vivante. (urbanisme-horloger.ch)
Une culture de l’atelier, du musée et de la rue
La programmation officielle de 2026 associe des visites d’entreprises, des démonstrations, des parcours urbains et des projections. Elle fait voisiner des métiers très spécialisés et des propositions destinées à comprendre leur histoire. Au Locle, une initiation intitulée « Les Apprentis du Temps » figure parmi les offres annoncées. À La Chaux-de-Fonds, le programme comprend l’ancien atelier Spillmann et son Salon bleu. À Saint-Imier, il propose notamment une lecture de l’essor horloger aux XIXe et XXe siècles.
Le programme réserve également une place au cinéma et à l’art dans l’espace public. Le Centre de culture ABC, le Ciné Casino du Locle et Espace Noir à Saint-Imier y figurent. Au Locle, un parcours de l’Exomusée consacré aux fresques horlogères inscrit le thème dans les rues. La mémoire industrielle se prête donc à plusieurs langages, de la démonstration technique à l’image animée et à la peinture murale. (urbanisme-horloger.ch)
Deux villes construites par et pour l’horlogerie
À La Chaux-de-Fonds et au Locle, la relation entre culture horlogère et forme urbaine bénéficie d’une reconnaissance internationale depuis 2009. L’UNESCO a inscrit leur urbanisme horloger sur la Liste du patrimoine mondial. Dans sa présentation, elle décrit deux villes-manufactures où les besoins de la production et les choix d’aménagement se sont étroitement répondus.
Les immeubles conçus pour le travail à domicile, les maisons patronales, les ateliers et les usines participent à cet ensemble. Le patrimoine ne se limite pas à quelques bâtiments isolés : il réside aussi dans leurs relations et dans la cohérence d’un tissu urbain. Pour le visiteur, cette approche invite à considérer les rues ordinaires comme des documents d’histoire.
La formule retenue par l’UNESCO est éclairante : les deux villes ont été « construites par et pour l’horlogerie ». Elle permet de comprendre pourquoi la découverte d’une façade ou d’un ancien atelier complète celle d’une collection. La montre expose une maîtrise technique ; la ville conserve les traces de l’organisation qui a permis de la produire. (whc.unesco.org)
Le geste, un patrimoine qui ne tient pas dans une vitrine
Une seconde reconnaissance complète celle des villes. En 2020, les savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d’art ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette inscription concerne la Suisse et la France. Elle porte sur des connaissances et des pratiques permettant de réaliser des montres, des pendules, mais aussi des automates, des boîtes à musique et d’autres objets animés.
L’UNESCO situe ces savoir-faire à la rencontre des sciences, des arts et de la technique. Cette définition donne toute sa place à l’émotion que peut susciter un mécanisme. Un mouvement indique l’heure ; un autre anime une figure ou fait chanter un oiseau. Dans les deux cas, la réalisation mobilise des connaissances précises, que l’objet achevé ne révèle pas toujours immédiatement. (ich.unesco.org)
La transmission constitue aussi une dimension essentielle de ce patrimoine. L’UNESCO souligne le rôle des artisans, des entreprises et de la formation dans l’Arc jurassien. Le Musée international d’horlogerie rappelle également la diversité des acteurs engagés : écoles, musées et associations participent à la valorisation et à la transmission de techniques traditionnelles, mais aussi tournées vers l’innovation. (ich.unesco.org, mih.ch)
À La Chaux-de-Fonds, les collections élargissent la mesure du temps
Le Musée international d’horlogerie conserve une collection d’environ 10 000 pièces, selon sa présentation institutionnelle. Montres et horloges y voisinent avec des machines, des outils, des instruments, des automates et des documents iconographiques. L’ensemble permet de suivre l’histoire de la mesure du temps à travers des objets de fabrication suisse et internationale.
Les collections se sont notamment constituées à partir des objets réunis par l’École d’horlogerie dans le dernier quart du XIXe siècle, puis par le musée fondé en 1902. Le bâtiment actuel a été inauguré en 1974. Cette histoire de la collecte rappelle combien les établissements de formation, les fabricants, les particuliers et les donateurs ont contribué à préserver les traces de l’activité.
Le musée indique aussi rassembler des archives et des documents pour éclairer les dimensions artistiques, sociales et économiques de l’horlogerie. Cette orientation est précieuse : un instrument ne renseigne pas seulement sur une invention. Avec les documents qui l’accompagnent, il peut prendre place dans une histoire du travail, des échanges et des représentations du temps. (mih.ch)
Au Locle, des mécanismes pour mesurer et émerveiller
Au Château des Monts, le Musée d’horlogerie du Locle déploie une autre approche. Son parcours consacré aux « Temps de la montre » propose de comprendre l’évolution horlogère à travers les différentes parties du mécanisme. D’autres espaces abordent la perception et la mesure du temps. Le lieu associe ainsi la découverte des objets à une interrogation plus large sur ce que signifie compter les heures.
La salle Maurice Yves Sandoz fait une place aux montres, aux pendules et aux automates. Le musée rappelle que le collectionneur a donné 35 pièces à sa commune d’origine lorsqu’il a appris le projet d’installation des collections au Château des Monts. Le don individuel devient ici une ressource publique, accessible au-delà du cercle de son premier propriétaire.
Le parcours présente également un atelier de restauration. Le musée explique que les interventions sur ses pièces associent réparation, étude du mécanisme et recherche sur l’histoire de l’objet. Préserver demande autant d’enquête que de maîtrise manuelle. (mhl-monts.ch)
À Saint-Imier, raconter aussi les habitants
Le Musée de Saint-Imier apporte à cette géographie culturelle une lecture régionale. Son exposition permanente, « En quête d’une identité », relie l’histoire du vallon à plusieurs dimensions : environnement naturel, industrie horlogère, sociétés de loisirs et histoire de la pensée libertaire. L’horlogerie y apparaît comme l’un des fils d’un récit plus vaste.
Fondé en 1861, le musée rappelle que cette industrie a profondément transformé Saint-Imier et ses environs. La partie intitulée « De la main à la machine » s’intéresse à l’évolution des techniques, de la population et de l’urbanisme. Ce choix de présentation permet de considérer ensemble les objets fabriqués et les changements de la société qui les produit. (musee-de-saint-imier.ch)
Pour la Biennale de 2026, le programme annonce un enrichissement de la salle consacrée au patrimoine horloger local, avec de nouveaux objets et des contenus inédits. L’ancienne École d’horlogerie et les manufactures qui ont marqué le développement régional figurent dans cette présentation. Le rendez-vous culturel devient ainsi l’occasion de renouveler la lecture d’une collection permanente. (urbanisme-horloger.ch)
La mémoire domestique, un autre accès à l’histoire
À La Chaux-de-Fonds, le Musée paysan et artisanal complète ce panorama. Installé dans une ferme neuchâteloise du début du XVIIe siècle, il présente la vie avant l’industrialisation. Une ancienne cuisine, des chambres boisées et un atelier de paysan-horloger rapprochent les activités productives du cadre domestique. Les collections comprennent aussi des vêtements, des meubles et des outils. (chaux-de-fonds.ch)
La programmation publiée pour la Biennale prévoit au Musée paysan des démonstrations horlogères et une visite consacrée à l’histoire des paysans-horlogers. Il ne s’agit pas de réduire plusieurs siècles à une image unique des origines, mais de faire dialoguer les formes successives de l’activité. La ferme, l’atelier et la manufacture constituent autant de lieux à interroger. (letourbillon.ch, urbanisme-horloger.ch)
Une actualité qui se prolonge après l’événement
La Fondation Urbanisme Horloger inscrit son action dans la durée. Outre la Biennale et les Journées du patrimoine mondial, elle développe des outils pédagogiques pour les écoles et publie des guides thématiques. Ses activités visent à faire connaître le patrimoine bâti et à nouer des liens entre acteurs culturels, entreprises et établissements de formation. (urbanisme-horloger.ch)
La manifestation de cet automne prend place dans ce travail de transmission. Elle ouvre des lieux, rapproche des institutions et propose de lire autrement des territoires familiers. Après les visites, demeure une invitation simple : regarder une rue, un atelier ou un objet comme la trace d’une culture collective. Dans l’Arc jurassien, l’histoire de l’heure raconte aussi celle des villes et de leurs habitants.
À La Chaux-de-Fonds, le plan régulier des rues témoigne de l’urbanisme horloger, inscrit avec celui du Locle au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2009.
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