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Logement en Suisse romande : 2025, l’année où la pénurie s’est encore aggravée
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Logement en Suisse romande : 2025, l’année où la pénurie s’est encore aggravée
Logement en Suisse romande : 2025, l’année où la pénurie s’est encore aggravée
9 décembre 2025
Alex Rochat
Source: Communes Romandes
Alors que la population continue de croître et que les besoins évoluent, de nombreuses communes romandes affrontent une pénurie de logements devenue structurelle. L’année 2025 aura été marquée par un ralentissement des mises en chantier, des projets différés et une pression croissante sur les loyers. Certaines collectivités locales innovent pourtant pour relancer l’offre et adapter leurs politiques territoriales.
La question du logement n’aura jamais été aussi sensible pour les communes romandes qu’en 2025. Après plusieurs années de tension, les chiffres publiés au fil des mois ont confirmé un phénomène désormais durable : la production de logements peine à suivre l’évolution démographique et la transformation des modes de vie. Le taux de vacance reste historiquement bas dans la plupart des cantons romands, parfois sous la barre du 0,7 %, nivelant toute marge de manœuvre pour les ménages.
La hausse des coûts de construction a constitué l’un des principaux freins à la mise en chantier de nouveaux projets. L’inflation persistante, les exigences énergétiques renforcées et les difficultés d’approvisionnement ont fait grimper les budgets des promoteurs comme des communes, rendant certains projets irréalisables ou nécessitant une révision complète de leur montage financier. Plusieurs villes, dont certaines de taille moyenne, ont ainsi dû repousser la construction de quartiers prévus de longue date, souvent faute d’accord sur les charges ou les aménagements des espaces publics.
Les permis de construire, quant à eux, ont ralenti dans plusieurs régions, notamment en raison de recours croissants sur les questions environnementales, de mobilité ou d’intégration paysagère. Dans des communes périurbaines en plein développement, ces procédures ont parfois gelé des opérations représentant plusieurs centaines de logements, contribuant à accentuer la tension sur le marché local.
Cette situation se répercute directement sur les habitant·e·s, pour qui l’accès à un logement adéquat devient un véritable parcours d’obstacles. Les familles, en particulier, peinent à trouver des appartements de 4 pièces et plus dans des délais raisonnables. Les jeunes adultes prolongent leur cohabitation familiale, les personnes âgées rencontrent des difficultés à se reloger dans des appartements adaptés, et les nouveaux arrivants — qu’ils soient travailleurs transfrontaliers ou récemment établis en Suisse — se heurtent à une concurrence féroce.
Face à cette réalité, plusieurs communes romandes ont choisi de revoir leurs stratégies. Certaines ont renforcé les exigences de quotas de logements abordables dans les nouveaux développements, conditionnant les permis à un pourcentage de loyers modérés ou à la création de coopératives d’habitation. D’autres misent sur la densification douce : surélévations, transformations d’immeubles existants, réaffectation de bâtiments sous-utilisés ou encore occupation temporaire de surfaces vacantes.
La collaboration avec les propriétaires fonciers et les investisseurs institutionnels devient également un axe central. En favorisant des partenariats public-privé, certaines municipalités parviennent à faciliter la sortie de terre de projets mixtes associant logements, commerces de proximité et équipements publics. Les intercommunalités jouent aussi un rôle croissant : mutualisation des études, harmonisation des règlements, planifications territoriales coordonnées.
Au-delà de l’offre physique, la gouvernance du logement évolue. Les communes développent des observatoires locaux, affinent leurs données et mettent en place des guichets uniques pour mieux accompagner les habitants dans leurs démarches. Dans plusieurs régions, la question de la répartition des efforts entre zones urbaines et communes rurales se pose avec acuité : qui doit construire, où, et avec quels équipements ?
L’année 2025 aura finalement révélé une double réalité. D’une part, la pénurie de logements n’est plus un épisode conjoncturel mais un défi structurel pour les collectivités locales. D’autre part, les marges de manœuvre existent, mais elles reposent sur une planification plus agile, une meilleure coordination entre acteurs et une capacité à innover dans des cadres souvent contraints.
À l’heure où s’ouvre 2026, les communes romandes savent qu’une priorité s’impose : passer d’une gestion de crise à une vision durable du logement, capable de soutenir la qualité de vie, l’attractivité économique et la cohésion sociale de leurs territoires.
Et si, pour rapprocher les citoyens de la politique communale, il suffisait parfois de sortir de l’Hôtel de Ville ? À Bussigny, dans l’Ouest lausannois, la Municipalité a choisi une formule volontairement simple : aller directement à la rencontre de la population, sur une place de la ville, pour permettre à chacun de venir poser une question, partager une idée ou simplement discuter avec ses élus. Une initiative organisée le 11 septembre à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie.
En Suisse, il existe une particularité qui intrigue souvent les étrangers et qui continue de susciter des interrogations chez de nombreux citoyens eux-mêmes : la commune d’origine. Alors que, dans la plupart des pays, l’identité administrative est avant tout liée au lieu de naissance ou au domicile, la Suisse conserve un système unique où chaque citoyen est officiellement rattaché à une commune, parfois depuis plusieurs générations, sans forcément y avoir jamais vécu.
Face à des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses, les communes romandes sont de plus en plus sollicitées pour protéger les personnes âgées, isolées ou fragilisées. Plans canicule, appels téléphoniques, visites à domicile, lieux frais, coordination avec les services de santé : la prévention devient un enjeu de proximité.