Énergie

Trois communes neuchâteloises ouvrent la voie d’une vraie transition énergétique

24 novembre 2025
Michael Kevesse
Source: Communes Romandes - photo Federico Beccari
Dans le canton de Neuchâtel, trois communes viennent de valider leur plan communal de l’énergie, un signal fort que la transition énergétique n’est plus une ambition lointaine mais une action locale concrète.
Dans une période où la question énergétique et climatique s’impose à toutes les collectivités, trois communes neuchâteloises ont récemment franchi un cap décisif en validant un plan communal des énergies (PComEn) approuvé par le canton, montrant que la transformation ne se joue plus uniquement au niveau national mais se décline désormais de façon très locale. RTS +1 Le projet prend racine dans la nouvelle loi cantonale sur l’énergie, qui impose aux communes d’élaborer un état des lieux de leur consommation, de leur production et de leurs réseaux, puis de définir des objectifs d’ici à 2035-2050, assortis d’actions. NE.ch +1 Ainsi, pour chacune de ces communes, il s’agit de répondre à plusieurs défis simultanés : réduire la dépendance aux énergies fossiles, augmenter la part des énergies renouvelables locales, améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments communaux, optimiser les réseaux de chaleur, et engager une mobilité plus sobre. Face à cela, la validation du plan n’est pas seulement symbolique : elle engage la collectivité, souvent pour une décennie, à suivre un calendrier, à mobiliser des moyens financiers, à coopérer avec des fournisseurs d’énergie, des services cantonaux et des partenaires privés. Le cas de ces trois communes neuchâteloises est d’autant plus significatif que, selon les données cantonales, quinze communes ont d’ores et déjà un plan validé, et plusieurs autres sont en cours de finalisation. NE.ch Elles deviennent des “laboratoires” pour la transition, en Romandie, illustrant que la vague n’est pas réservée uniquement aux grandes villes ou aux cantons fortement industrialisés. Pour les responsables communaux, les enjeux sont multiples. D’abord, l’image : une commune qui affiche un plan d’énergie validé peut attirer familles, entreprises et investisseurs sensibles aux thèmes de la durabilité. Ensuite, le contrôle des budgets : la consommation énergétique d’une commune (bâtiments publics, voirie, éclairage, chauffage) représente un poste de dépense majeur. Anticiper permet de stabiliser voire de réduire ces coûts dans un contexte où les prix de l’énergie flambent. Enfin, la gouvernance locale : le plan impose souvent la création d’un comité énergie, de dispositifs de suivi, de bilans réguliers, ce qui transforme la manière dont la commune se pilote. Mais ce nouveau terrain d’engagement n’est pas exempt de défis. Certaines communes s’interrogent sur la capacité à mobiliser les ressources humaines et financières nécessaires. Les élus locaux doivent arbitrer entre d’autres priorités – mobilité, urbanisme, social – et installer une logique de long terme alors que les cycles politiques sont souvent bien plus courts. Il existe aussi un risque de fatigue administrative : des diagnostics complexes, des études coûteuses, des décisions d’investissement difficiles à traduire concrètement. En outre, certaines zones géographiques posent des contraintes spécifiques : communes de montagne, hameaux isolés, zones d’habitat diffus ont des réseaux plus coûteux à adapter ou raccorder, des rendements moindres, ce qui exige une solidarité intercommunale ou cantonale plus poussée. Malgré cela, l’exemple neuchâtelois montre que l’élan est enclenché. Les trois communes pionnières ont montré qu’une commune romande peut, à son échelle, accepter de passer de la planification à l’action. Le flou est levé : on sait où on va, comment on y va et dans quel horizon. Pour les communes romandes qui n’ont pas encore franchi ce pas, ce modèle offre un référent clair. Il reste à traduire en actes, en travaux, en scellements financiers et en comportements nouveaux. Et surtout, à veiller à ce que les plans ne restent pas des documents figés, mais servent d’outils vivants : indicateurs de progrès, leviers de participation citoyenne, moteurs de projets concrets. Ainsi, la transition énergétique cesse d’être un slogan pour devenir un engin de gouvernance locale, intégrant urbanisme, mobilité, patrimoine, finances et engagement citoyen. Dans ce cadre, les communes romandes ont désormais l’occasion d’entrer dans une nouvelle ère : celle où « commune durable » ne se limitera plus à un label, mais se traduira par des décisions qui dessinent le territoire de demain.

Articles similaires

Énergie

Marly : comment une commune transforme son chauffage en réseau énergétique territorial

À Marly, dans le canton de Fribourg, la transition énergétique ne se résume plus à quelques installations photovoltaïques ou au remplacement individuel des chaudières. Elle se construit désormais sous les rues. Depuis le mois d’août 2026, plusieurs nouveaux chantiers prolongent le chauffage à distance dans différents secteurs de la commune, tandis qu’une nouvelle extension au chemin des Épinettes vient d’être mise à l’enquête. Derrière ces travaux se dessine une transformation plus ambitieuse : relier progressivement bâtiments, quartiers et infrastructures à un système capable de valoriser plusieurs ressources énergétiques locales et renouvelables. À Marly, une partie de la chaleur provient même indirectement de l’eau du lac de la Gruyère, grâce à la réutilisation d’une ancienne infrastructure industrielle. Un cas concret de ce que peut devenir la transition énergétique à l’échelle communale.

Énergie

Produire et partager son électricité : les communes à l’heure des communautés énergétiques locales

Depuis le 1er janvier 2026, les communautés électriques locales (CEL) sont devenues une réalité en Suisse. Désormais, une commune, ses habitants, ses entreprises et ses bâtiments publics peuvent partager localement l’électricité produite sur leur territoire. Derrière cette évolution législative se cache une petite révolution pour les collectivités romandes : écoles, salles communales, administrations, infrastructures sportives et quartiers résidentiels pourraient demain fonctionner grâce à une énergie produite à quelques centaines de mètres seulement. Entre opportunités économiques, nouveaux défis techniques et ambitions climatiques, les communes se retrouvent au cœur de cette transformation énergétique.

Énergie

Nouvelle loi vaudoise sur l’énergie : les communes anticipent déjà les défis de 2027

Adoptée par le Grand Conseil vaudois au début de l’année, la nouvelle loi sur l’énergie entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Cette réforme constitue l’une des évolutions les plus importantes de ces dernières années en matière de politique énergétique cantonale. Si les propriétaires privés sont directement concernés, les communes le seront tout autant. Gestion de leur patrimoine immobilier, planification énergétique, accompagnement des habitants ou encore développement des énergies renouvelables : les collectivités locales se préparent déjà à une nouvelle étape de la transition énergétique. À Épalinges, plusieurs actions illustrent cette volonté d’anticipation

Communes Romandes

Communes Romandes

Le Bulletin des Communes Romandes

Votre publication de référence sur la vie institutionnelle et le développement local. Diffusé auprès des élus, syndics et responsables communaux, le Bulletin valorise les initiatives, projets et témoignages des autorités locales de Suisse romande. Un espace d'information et de partage consacré à la gouvernance communale, à l'aménagement du territoire, à la transition énergétique, à la culture et à l'économie régionale.

Contact

communes-romandes.ch

Nous contacter

© 2025 Communes Romandes. Tous droits réservés.