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Dans l’Ouest lausannois, les communes unissent leurs efforts pour accélérer la transition énergétique
Énergie
Dans l’Ouest lausannois, les communes unissent leurs efforts pour accélérer la transition énergétique
Dans l’Ouest lausannois, les communes unissent leurs efforts pour accélérer la transition énergétique
29 mai 2026
Alex Rochât
Source: Rédaction Communes Romandes - Photo vue aérienne Renens
Entre réseaux thermiques, rénovation du bâti, planification énergétique et adaptation climatique, les communes de l’Ouest lausannois développent depuis plusieurs années une approche coordonnée de la transition énergétique. Soutenue notamment par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), cette dynamique territoriale illustre la manière dont les collectivités publiques cherchent aujourd’hui à mutualiser leurs stratégies pour répondre à des enjeux devenus largement intercommunaux.
« La transition énergétique ne peut plus être pensée uniquement à l’échelle d’une seule commune. »
Cette réalité s’impose désormais dans de nombreux territoires suisses confrontés à l’augmentation des besoins énergétiques, à la densification urbaine, à la nécessité de réduire les émissions de CO₂ ainsi qu’aux nouvelles exigences climatiques et environnementales.
En Suisse romande, l’Ouest lausannois apparaît aujourd’hui comme l’un des exemples les plus aboutis de cette évolution.
Regroupant les communes de Bussigny, Chavannes-près-Renens, Crissier, Écublens, Prilly, Renens, Saint-Sulpice et Villars-Sainte-Croix, ce territoire situé au cœur de l’agglomération lausannoise connaît depuis plusieurs décennies une profonde mutation urbaine.
Historiquement marqué par une forte présence industrielle et logistique, l’Ouest lausannois s’est progressivement transformé en un espace mêlant nouveaux quartiers d’habitation, pôles économiques, infrastructures de transport, équipements publics et centres de recherche majeurs tels que l’EPFL ou l’Université de Lausanne.
Cette évolution a rapidement conduit les collectivités à réfléchir à une approche dépassant les frontières administratives traditionnelles.
« Les enjeux énergétiques suivent les réalités du territoire bien davantage que les limites communales. »
Depuis plus de vingt ans, les communes collaborent ainsi au sein du Schéma directeur de l’Ouest lausannois (SDOL), une structure de coordination destinée à accompagner le développement du territoire. Initialement centrée sur l’urbanisme et la mobilité, cette coopération s’est progressivement élargie aux questions énergétiques et climatiques.
Aujourd’hui, les collectivités du district considèrent de plus en plus la transition énergétique comme une problématique globale nécessitant une coordination à l’échelle du bassin de vie.
Cette approche s’inscrit dans un contexte national marqué par les objectifs de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération, qui vise notamment à réduire la consommation énergétique, développer les énergies renouvelables et accélérer la décarbonation du pays.
Dans ce cadre, les collectivités locales jouent un rôle déterminant. Rénovation du bâti, infrastructures publiques, mobilité, réseaux thermiques ou encore aménagement urbain : une large partie des mesures concrètes se déploie directement à l’échelle communale.
« Les communes deviennent aujourd’hui des acteurs centraux de la transition énergétique suisse. »
L’Ouest lausannois a franchi une étape importante en obtenant la reconnaissance « Région Énergie » soutenue par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Cette reconnaissance fédérale valorise les territoires développant une stratégie énergétique coordonnée entre plusieurs communes.
Au-delà du label lui-même, cette démarche permet surtout de renforcer les échanges entre services techniques, responsables énergie, urbanistes et autorités politiques autour d’objectifs communs.
Elle favorise également le partage de données et l’élaboration d’outils de pilotage territoriaux capables de suivre l’évolution énergétique du district.
Parmi les réalisations les plus remarquées figure notamment la plateforme énergétique et climatique développée à l’échelle régionale. Accessible au public, celle-ci rassemble différents indicateurs liés à la consommation énergétique, aux émissions de CO₂, à la mobilité ou encore aux ressources énergétiques du territoire.
Cette approche fondée sur les données devient aujourd’hui un enjeu majeur pour les collectivités publiques.
« Mesurer précisément les consommations et les émissions permet désormais d’orienter les investissements et d’anticiper les besoins futurs. »
Pour les communes, ces outils constituent également un moyen d’améliorer la cohérence des politiques publiques et de mieux coordonner les stratégies locales avec les orientations cantonales et fédérales.
La rénovation énergétique du bâti représente par ailleurs l’un des principaux défis identifiés par les collectivités.
Une part importante des bâtiments suisses a été construite avant les normes énergétiques actuelles, ce qui entraîne encore aujourd’hui d’importantes consommations de chauffage.
Dans l’Ouest lausannois, le programme « Ouest Rénove » accompagne ainsi les propriétaires privés dans leurs démarches de rénovation énergétique à travers un dispositif proposant conseils techniques, accompagnement administratif et informations sur les aides disponibles.
L’objectif consiste notamment à faciliter le passage à l’action dans un domaine où les démarches restent souvent complexes pour les propriétaires.
Cette volonté d’agir concrètement se retrouve également dans le développement des réseaux thermiques et des infrastructures énergétiques locales.
Dans plusieurs secteurs du district, les collectivités travaillent sur des solutions de chauffage à distance intégrant progressivement les énergies renouvelables et la récupération de chaleur.
Le secteur de Malley illustre notamment cette évolution avec différents projets liés aux réseaux thermiques et à la valorisation énergétique territoriale.
« Les réseaux énergétiques deviennent progressivement des infrastructures stratégiques pour les collectivités. »
Ces nouvelles approches nécessitent toutefois des investissements importants ainsi qu’une coordination renforcée entre communes, fournisseurs d’énergie, urbanistes, ingénieurs et partenaires institutionnels.
Au-delà de la seule question énergétique, cette transformation influence désormais directement la manière de concevoir le territoire.
Les enjeux climatiques conduisent les collectivités à intégrer davantage la végétalisation, la gestion des îlots de chaleur ou encore l’adaptation des espaces publics dans leurs stratégies urbaines.
Le « Plan Canopée » développé dans l’Ouest lausannois vise par exemple à renforcer la présence des arbres afin d’améliorer la résilience du territoire face aux épisodes de fortes chaleurs.
Cette évolution traduit une tendance de fond observée dans de nombreuses collectivités suisses : la transition énergétique ne se limite plus uniquement à la production ou à la consommation d’énergie, mais concerne désormais l’ensemble de l’aménagement territorial.
« Énergie, urbanisme, mobilité et climat deviennent progressivement des sujets indissociables. »
À mesure que les objectifs climatiques se renforcent, plusieurs territoires romands observent aujourd’hui avec attention les démarches mises en œuvre dans l’Ouest lausannois.
Le district apparaît désormais comme un laboratoire particulièrement intéressant de coopération intercommunale appliquée à la transition énergétique.
Son expérience montre qu’une stratégie coordonnée peut permettre de mutualiser les outils, accélérer certains projets, renforcer le partage d’expertise et améliorer la cohérence des politiques publiques à l’échelle régionale.
Dans une Suisse confrontée à des défis énergétiques de plus en plus complexes, cette capacité des collectivités à construire des réponses communes pourrait jouer un rôle déterminant dans les années à venir.
À Marly, dans le canton de Fribourg, la transition énergétique ne se résume plus à quelques installations photovoltaïques ou au remplacement individuel des chaudières. Elle se construit désormais sous les rues. Depuis le mois d’août 2026, plusieurs nouveaux chantiers prolongent le chauffage à distance dans différents secteurs de la commune, tandis qu’une nouvelle extension au chemin des Épinettes vient d’être mise à l’enquête. Derrière ces travaux se dessine une transformation plus ambitieuse : relier progressivement bâtiments, quartiers et infrastructures à un système capable de valoriser plusieurs ressources énergétiques locales et renouvelables. À Marly, une partie de la chaleur provient même indirectement de l’eau du lac de la Gruyère, grâce à la réutilisation d’une ancienne infrastructure industrielle. Un cas concret de ce que peut devenir la transition énergétique à l’échelle communale.
Depuis le 1er janvier 2026, les communautés électriques locales (CEL) sont devenues une réalité en Suisse. Désormais, une commune, ses habitants, ses entreprises et ses bâtiments publics peuvent partager localement l’électricité produite sur leur territoire. Derrière cette évolution législative se cache une petite révolution pour les collectivités romandes : écoles, salles communales, administrations, infrastructures sportives et quartiers résidentiels pourraient demain fonctionner grâce à une énergie produite à quelques centaines de mètres seulement. Entre opportunités économiques, nouveaux défis techniques et ambitions climatiques, les communes se retrouvent au cœur de cette transformation énergétique.
Adoptée par le Grand Conseil vaudois au début de l’année, la nouvelle loi sur l’énergie entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Cette réforme constitue l’une des évolutions les plus importantes de ces dernières années en matière de politique énergétique cantonale. Si les propriétaires privés sont directement concernés, les communes le seront tout autant. Gestion de leur patrimoine immobilier, planification énergétique, accompagnement des habitants ou encore développement des énergies renouvelables : les collectivités locales se préparent déjà à une nouvelle étape de la transition énergétique. À Épalinges, plusieurs actions illustrent cette volonté d’anticipation