Le recul du fret ferroviaire remet en question un objectif clé pour la qualité de vie dans les communes romandes.
Depuis plus de vingt ans, la Suisse poursuit un objectif clair : réduire le trafic des poids lourds à travers les Alpes et transférer une part plus importante des marchandises vers le rail. Si les grandes infrastructures comme le tunnel du Gothard ou le Lötschberg ont permis des progrès considérables, la tendance s’essouffle depuis 2022. La part du rail recule, et les projections 2025 indiquent une poursuite de cette baisse.
Pour les communes romandes, cette évolution n’est pas anodine. Le maintien d’un trafic routier élevé signifie davantage de nuisances, plus d’usure des routes communales, et un impact environnemental direct sur la population.
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Un enjeu très concret pour les communes romandes
Bien que le débat semble national, ses effets se ressentent au niveau local :
✔ Des routes communales sous pression
Les axes qui traversent les villes et villages romands — notamment le long des corridors Lausanne–Genève, Martigny–Sion, ou Yverdon–Neuchâtel — subissent toujours un volume important de poids lourds.
Cela implique :
• une dégradation plus rapide des chaussées,
• des coûts d’entretien plus élevés pour les communes,
• une circulation plus dense aux heures sensibles.
✔ Pollution et nuisances sonores dans les centres habités
Chaque camion en moins, c’est :
• moins de particules fines,
• moins de bruit nocturne,
• une meilleure qualité de vie pour les quartiers résidentiels proches des axes.
✔ Sécurité routière
Les poids lourds représentent une part importante des accidents graves sur les routes. Les communes engagées dans des plans de mobilité ou des zones 30 y voient un enjeu central.
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Pourquoi le transfert n’avance-t-il plus ?
Plusieurs facteurs freinent aujourd’hui le basculement vers le rail :
• Saturation ponctuelle de certaines lignes ferroviaires, notamment en Suisse romande.
• Coûts logistiques plus élevés pour le transport combiné rail–route.
• Manque de capacité dans certains triages, dont celui de Lausanne qui nécessite une modernisation.
• Conversions industrielles ou logistiques en attente, dans des zones urbaines en mutation comme La Praille à Genève ou Renens.
Le Conseil fédéral annonce des mesures, mais leur effet sera progressif.
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Pour les communes : quelles opportunités ?
Même si la tendance actuelle est défavorable, plusieurs leviers peuvent bénéficier directement aux collectivités romandes :
👉 Développement de la logistique urbaine décarbonée
Les communes peuvent encourager :
• micro-hubs logistiques en gare,
• livraisons du dernier kilomètre en vélo cargo,
• interdictions progressives des poids lourds en centre-ville.
👉 Modernisation des infrastructures ferroviaires en Romandie
Des projets structurants sont en préparation :
• modernisation du triage de Lausanne,
• réaménagements autour des gares de Renens, Cornavin, Neuchâtel, Bienne,
• nouvelles solutions logistiques en Valais et dans le Jura.
Ces projets impliquent directement les communes dans l’aménagement du territoire.
👉 Accompagnement via les plans climat communaux
Le transfert modal est un outil important pour atteindre les objectifs cantonaux et communaux :
• réduction des émissions de CO₂,
• amélioration de la qualité de l’air,
• diminution des nuisances sonores.
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Une coordination nécessaire avec la Confédération
L’amélioration du fret ferroviaire ne dépend pas seulement des CFF ou de l’OFT.
Les communes ont un rôle essentiel :
• planifier les zones logistiques,
• encourager des plateformes multimodales,
• faciliter les accès aux gares de triage,
• anticiper les impacts urbanistiques des nouvelles infrastructures.
Dans les prochains mois, le Conseil fédéral annoncera de nouvelles mesures pour relancer le transfert modal. Ce sera une opportunité pour les communes romandes de réaffirmer leur importance dans la gouvernance des transports.
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Conclusion : un enjeu communal à part entière
Le transfert de la route au rail n’est pas seulement une question de fret ou de politique fédérale.
C’est un enjeu local, quotidien, qui touche :
• la sécurité routière,
• la qualité de vie,
• l’entretien des routes,
• la planification territoriale,
• les objectifs climatiques.
Pour réussir cette transition, les communes romandes doivent être au cœur du dispositif, car c’est sur leur territoire que se ressentent les bénéfices — ou les manques — des politiques nationales.