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Environnement

Entre économie et écologie : comment les communes romandes réinventent l’entretien de leurs espaces verts

11 novembre 2025
Michael Kevesse
Source: Communes Romandes
La gestion du vert communal devient un enjeu stratégique.
Autrefois cantonnés à une fonction esthétique, les espaces verts sont aujourd’hui au cœur des politiques publiques locales. Face à la hausse des coûts d’entretien, aux nouvelles exigences environnementales et à la multiplication des épisodes de chaleur, les communes romandes doivent désormais faire plus vert… avec moins de moyens. Cette transformation silencieuse, mais profonde, redéfinit la manière dont les administrations gèrent leurs parcs, promenades, places publiques et zones naturelles. ⸻ L’entretien différencié : un changement de culture De nombreuses communes ont adopté une approche dite « d’entretien différencié », qui consiste à adapter les pratiques selon la vocation de chaque espace. Dans les zones centrales ou à fort passage, la tonte reste régulière ; ailleurs, on laisse la nature reprendre sa place, favorisant la biodiversité locale et réduisant la charge de travail des services techniques. À Rolle (VD), cette stratégie a permis de réduire de 30 % les heures de tonte tout en enrichissant la flore indigène. « On ne coupe plus l’herbe pour faire propre : on la cultive pour faire vivre », explique Laurent Gilliéron, responsable des espaces publics. Même constat à Delémont, où la commune a mis en place un plan de fauche tardive et un suivi participatif de la flore locale avec les écoles. ⸻ Vers un entretien plus sobre et plus participatif Outre la réduction des tontes, plusieurs communes expérimentent de nouvelles pratiques : • remplacement progressif des machines thermiques par du matériel électrique ; • zéro pesticide, conformément à la réglementation fédérale entrée en vigueur en 2024 ; • plantation d’espèces locales moins gourmandes en eau ; • participation citoyenne via des jardins partagés ou vergers communaux. À Nyon, un programme communal baptisé “Chaque mètre compte” encourage les habitants à fleurir le pied des arbres devant chez eux ; la commune fournit le terreau et les graines, et les services techniques assurent le suivi. ⸻ Des aides et outils à disposition Les collectivités ne sont pas seules dans cette transition. Le programme fédéral “Nature en ville” (OFEV) soutient les communes souhaitant valoriser la biodiversité dans leur tissu urbain, avec un cofinancement pouvant atteindre 40 % du coût du projet. Les cantons de Vaud et Genève proposent également des subventions spécifiques pour les plans communaux de biodiversité et la plantation d’arbres d’ombrage dans les zones d’habitat dense. De plus, l’Union des villes suisses et l’Association suisse des jardiniers communaux ont publié un guide pratique pour aider les administrations à planifier, budgéter et communiquer leurs projets “verts”. ⸻ Le rôle clé des services techniques communaux Ces changements exigent des compétences nouvelles : compréhension des cycles naturels, gestion différenciée des sols, concertation avec les habitants. Les agents communaux deviennent ainsi des acteurs de la transition écologique, au même titre que les urbanistes ou les ingénieurs énergie. « Il y a dix ans, on parlait de tondeuses et de bordures ; aujourd’hui, on parle d’écosystèmes et de résilience », résume Patrick Duvoisin, chef des travaux publics à Morges. ⸻ 🌱 En résumé Les espaces verts communaux ne sont plus un poste de dépense : ils sont un investissement dans la qualité de vie. En adoptant des pratiques sobres, participatives et respectueuses de la biodiversité, les communes romandes montrent qu’il est possible d’allier efficacité budgétaire et engagement environnemental. Un signal fort adressé aux citoyens… et à la nature.

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